Sharky

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samedi 29 juillet 2006

DADVSI : et après on fait quoi ?

Le code de la propriété intellectuelle « s'enrichit « d'un nouvel article 335-2-1 qui dispose :

Est puni de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende le fait :

1° d'éditer, de mettre à la disposition du public ou de communiquer au public, sciemment et sous quelque forme que ce soit, un logiciel manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'œuvres ou d'objets protégés ;

2° d'inciter sciemment, y compris à travers une annonce publicitaire, à l'usage d'un logiciel mentionné au 1°.

Cet article issu directement de « l'amendement Vivendi » est un véritable tsunami pour l'informatique française (et pas seulement que pour le logiciel libre).

Tout d'abord le mot « manifestement » est délicat à cerner, nul doute qu'il est possible démontrer qu'un serveur Web ou FTP permet des échanges d'oeuvres numériques soumises au droit d'auteur, n'en déplaise aux artistes mais une oeuvre numérique n'est qu'un fichier et aucun moyen ne permet de discerner de façon fiable un fichier dont la diffusion est licite et autorisé par l'auteur d'un fichier soumis au droit d'auteur et droits voisins.

Ensuite que signifie le mot « protégé » ? DADVSI sanctuarisant la protection juridique des mesures techniques de protection visant à protéger le droit d'auteur et les droits voisins [sic] nous pouvons légitimement nous interroger sur ce qu'est une oeuvre ou un objet protégé.

En effet, la diffusion par un logiciel d'une oeuvre tombée dans le domaine publique mais équipée à l'origine d'une mesure technique de protection, bien que n'affectant donc pas le droit d'auteur et les droits voisins (mais au passage affectant les droits du public), rendrait ce logiciel illégal !

Potentiellement n'importe quel éditeur de logiciel communiquant ayant le malheur de résider sur le sol français peut se faire attaquer au motif que son logiciel est « manifestement destiné ... » et sommé (décision exécutoire) de mettre en place des dispositifs de filtrage incertains mais dont aucun n'est compatible avec le logiciel libre et accessoirement tout en risquant 3 ans de prison et 300000 € d'amende. Gloups ça donne envie d'entreprendre quand on sait qu'un concurrent, de préférence extra-européen, pourrait utiliser ce buldozer juridique contre vous si vous innovez et que vous devenez gênant pour son business.

VLC, logiciel libre à l'origine français qui permet à Free de proposer une offre de télévision par ADSL, est dans la tourmente. En effet, ce dernier permet la lecture de DVD, ces galettes argentées vendues à prix d'or et « protégées » par une mesure technique intitulée CSS, sur un ordinateur ! De plus le site de VLC est hébergé par Free, est-ce que dans quelques jours l'École Centrale de Paris (initiatrice du projet VLC) et les dirigeants de Free seront en prison ? À mon sens oui car telle est la loi, même si elle résulte manifestement d'une série d'amateurisme et d'incompréhension du fond du problème.

La question est : que fait-on maintenant ?

jeudi 16 mars 2006

DADVSI : no comment

L'informatique française a été assassinée le mercredi 15 mars vers 23 heures par les députés français.

« Art. L. 335-2-1. - Est puni de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende, le fait :

1° de mettre à la disposition du public ou de communiquer au public, sciemment et sous quelque forme que ce soit, un dispositif manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d’œuvres ou d’objets protégés ;

2° d’inciter sciemment à l’usage d’un dispositif mentionné au 1°.

3° Ces dispositions ne sont pas applicables aux logiciels destinés au travail collaboratif, à la recherche ou à l’échange de fichiers ou d’objets non soumis à la rémunération du droit d’auteur. »

mercredi 8 mars 2006

DADVSI : postulat ou axiome ?

Je ne vais pas revenir sur les « débats » du 7 mars. En revanche, ce soir M. Vanneste, rapporteur de la loi, DRMiphile et quelque peu homophobe, va présenter son rapport sur DADVSI du 1er juin 2005

La date est importante car la justification du rejet de certaines exceptions à l'époque qui sont maintenant présentes dans l'amendement 272, s'appliquant a feu l'article 1 au nouvel article 1 qui n'existe pas, se trouve dans ce rapport !

J'ai sauté en l'air en lisant ce passage, qui, s'il est considéré comme un axiome, explique peut être un petit peu plus le raisonnement biaisé concernant la notion de copie.

I.A.1. Une rupture technologique par rapport à l'analogique
[...]
- en matière de conservation, le gain est tout aussi considérable, puisque les supports numériques présentent une durabilité physique très supérieure à celle des supports analogiques (disques vinyle, bandes magnétiques, films photochimiques, papier, ...). De surcroît, leur utilisation ne dégrade pas ou très peu le support ;
[...]

Voilà tout est écrit. Alors qu'il est notoire qu'un disque ou un CD gravé a une durée de vie de l'ordre de 2 à 5 ans au grand maximum, des fois même moins, on compare les supports de stockage numérique à du papier ou à des photographies tirées par procédé chimique !

Bien sûr certains objecteront avec justesse que le CD pressé se conserve relativement bien (autour de 20 à 25 ans) néanmoins comme ce rapport par la suite considère l'ensemble des supports de stockage numérique à la disposition des utilisateurs, c'est pour le moins un raccourci brutal.

À partir de ce postulat il est facile d'éluder la question de la copie privée puisque c'est bien connu on n'a jamais besoin de changer de disque dur ou d'ordinateur en 25 ans et que la migration des données n'est pas une nécessité.

Je pense qu'aucune bibliothécaire, qu'aucun informaticien n'aurait donné sa caution pour une telle assertion, preuve s'il en est qu'il est des fois utile de s'entourer de gens compétents quand on légifère.

samedi 4 mars 2006

DADVSI : et si on parlait des DRM ?

Pourquoi les DRM sont le diable

En contre-poison à la campagne du SNEP !

On parle beaucoup des DRM, mais le projet de la loi évoque, lui les mesures techniques de protection. Quelle différence y-a-t-il entre les deux ?

DRM signifie en anglais « Digital Rights Management » c'est-à-dire Gestion des Droits Numérique, c'est un sous ensemble des mesures techniques de protection qui comprennent entre autre des systèmes d'accès (décodeurs de bouquets satellite), des protections anti-copie (qui empêchent la lecture sur certains lecteurs de CD), et des techniques de traçage (marqueur invisible et inaudible qui permet d'identifier la source, la plupart des imprimantes dispose d'un tel mécanisme permettant de remonter  à la source d'un document imprimé).

Les DRM sont des logiciels qui contrôlent l'accès et l'usage d'un fichier numérique. Ainsi il est possible de restreindre la possibilité de copie mais également la possibilité d'imprimer dans le cas d'un document. Dans la plupart des cas les autorisations sont stockées sur un serveur distant qu'il faut consulter avant tout usage.

Pourquoi a-t-on inventé les DRM ?

Les DRM permettent de rendre les données captives et de mettre en place un mécanisme de taxation à l'usage, forcément cela intéresse du monde.

Quels types d'utilisation permettent les DRM ?

Il serait plus rigoureux d'écrire restriction qu'utilisation. Les DRM permettent de plus ou moins bien contrôler la diffusion et l'usage d'un document. Le but moins avoué étant de verrouiller les données et de rendre l'utilisateur dépendant d'un système et de logiciels.

Certains disent que les DRM menacent la sécurité des ordinateurs.

Ces « certains » ne sont pas anonymes, on peut en particulier citer MM. Carayon et Lasbordes, députés,... En effet, l'introduction des DRM dans les fichiers numériques audiovisuels constitue la première étape vers un monde numérique de « confiance » ou « confiance » est ici un terme d'initié qu'il ne faut surtout pas prendre au premier degré. Les DRM sont censés protéger le système de... l'utilisateur en maintenant une chaîne de sécurité et en déportant certaines décisions vers un système tiers chargé de déterminer les actions autorisées. Pour ce faire les DRM ont l'entier accès au système et pourraient être contrôlés depuis l'extérieur, ce qui pose des problèmes très sérieux de sûreté nationale.

J'ai lu dans la presse qu'un DRM de SONY BMG avait créé aux États-Unis un gigantesque problème de sécurité sur les ordinateurs. Comment cela est possible alors que les DRM sont issus de sociétés respectables ?

Techniquement ce n'était pas exactement un DRM mais un virus de type rootkit couplé à un mouchard. Cependant, cela illustre bien jusqu'où sont prêt à aller les fournisseurs de contenus au nom de la propriété intellectuelle.  Tristan Nitot de Mozilla Europe a un résumé très bien fait sur cette affolante saga.

Les DRM, s'ils posent des problèmes de sécurité, ne constituent-ils pas une menace pour la vie privée des consommateurs ?

Si, dans la mesure où ils font parti dans la sphère privée. Le fait même de contrôler la copie privée, par exemple, rend celle-ci moins... privée. Par ailleurs l'obscurantisme des DRM ne permet pas de savoir quelles informations sont communiquées lorsqu'une demande d'autorisation est effectuée vers le serveur tiers. Apple avec son logiciel iTune s'est fait prendre, il y a peu, la main dans le sac.

J'ai bien compris que les DRM posent des problèmes de sécurité et de protection de la vie privée. Pour autant, ils restreignent mes capacités de copie ? En cela, certains considèrent qu'ils portent atteinte aux libertés individuelles, dont la liberté de copier des œuvres autant que je le souhaite. Qu'en est-il exactement ?

Au delà de la possibilité de copier, il y a avant tout la possibilité de lire qui est remise en cause, en effet il est possible à distance de supprimer les autorisations et donc l'accès aux documents. Par ailleurs les supports de stockages numériques ont une durée de vie limitée (entre 2 et 5 ans). Limiter le nombre de copies revient à interdire la possibilité de constituer des archives et la migration, rendue nécessaire, d'un document sur un autre support. Lorsque un document est acquis licitement et que son utilisation privée, en particulier la copie, ne remet pas en cause l'exploitation normale de l'œuvre par son auteur c'est une exception au droit d'auteur conférée par l'article 122-5 du code de la propriété intellectuelle.

J'ai entendu dire que les DRM ne sont pas interopérables, c'est-à-dire que je ne peux pas lire un fichier protégé par le DRM Microsoft avec un baladeur Apple et inversement. Est-ce-vrai ?

Oui. Pour être intéropérables les spécifications techniques précises des DRM devraient être connues, or, si ces spécifications sont connues il devient alors simple de contourner ces DRM dont « l'efficacité » repose sur le secret et l'obscurantisme. Par ailleurs être interopérable signifierait pour Apple et Microsoft de renoncer à leurs monopoles respectifs.

Les principaux systèmes de DRM sont d'origine américaine. Le déploiement de ces systèmes ne va-t-il pas encore une fois favoriser largement les intérêt américains au détriment des intérêts nationaux ?

Oui et non. Les DRM ne sont pas forcément 100% américains. En revanche vu l'état actuel du marché il est peu probable qu'un européen puisse s'installer dans les DRM pour de la distribution de masse. En revanche les effets de bord liés à la protection juridique accordée aux DRM par le projet de loi DADVSI auront un impact sur le secteur en pleine expansion du logiciel libre en Europe.

Certains députés souhaitent limiter les mesures techniques de protection aux système de contrôle d'accès ou en exclure le cryptage des données. Quelles conséquences auraient l'adoption de ces propositions ?

Les DRM durs, c'est-à-dire une partie de ceux qui peuvent affecter la sécurité des systèmes et la vie privée seraient exclus.

De nombreuses administrations et collectivités locales utilisent des logiciels libres pour leur travaux informatiques. La protection juridique des mesures techniques de protection, et notamment des DRM, ne va-t-elle pas mettre ces logiciels dans l'illégalité ?

Tout dépend des amendements qui seront adoptés ou pas. Certains amendements instaurent l'obligation à tous les logiciels de prendre en compte les DRM, les DRM actuels sont sous des licences propriétaires incompatibles avec le logiciel libre.

En dehors des administrations et collectivités locales, des particuliers utilisent des logiciels libres permettant également la consultation d'œuvres qui peuvent être protégés par un DRM. Ces logiciels-là ne risquent-ils pas de devenir illégaux ?

Ce qui est certain en l'état du texte c'est qu'une forte insécurité juridique pèse sur les logiciels libres multi-médias. Les logiciels de lecture de DVD, par exemple, contournent la « protection » CSS de façon à pouvoir lire un DVD, en application de la loi cela serait illégal.

Certains jeunes artistes veulent utiliser Internet pour se faire connaître et ils ne veulent pas mettre en place de DRM sur leur contenu. Pourront-ils continuer à le faire ?

Dans un premier temp oui. Mais quand on voit que les derniers téléphones portables refusent des sonneries non équipées de DRM on peut craindre le pire, néanmoins tant que le logiciel libre a la possibilité d'être un contre pouvoir cela ne devrait pas arriver.

Dans le même ordre d'idée, les licences « Creative Commons » pourront-elles continuer à être utilisées si les DRM se généralisent ?

Oui.

On m'a dit que les producteurs indépendants n'auraient pas les moyens de protéger leurs contenus par des DRM. Seules les majors du disque auraient les moyens de le faire. La mise en place des DRM ne renforcerait-elle pas alors la position des majors, déjà très forte, avec des répercussions sur la diversité culturelle ?

Cela représente un investissement initial mais il y a aussi des royalties à verser sur chaque document. Par exemple, sur un morceau de musique à 1 € cela représente 1% ; soit l'équivalent du tiers de ce qui est reversé au titre du droit d'auteur !

Au bout du compte les DRM c'est le monde orwellien décrit dans le roman « 1984 » !

Oui, probablement.

Lestelechargements dot com : statistiques

Statistiques sur les commentaires du site « lestelechargements.com »

Mise à jour du 4 mars 2006 20h55

Méthode utilisée :

  • récupération pour chaque thème du fichier html avec Firefox 1.5 (option souvegarder sous)
  • utilisation d'une console Linux configurée avec le même jeu de caractères (UTF-8) que celui utilisé pour le fichier html (à cause des accents)
  • recherche de la fréquence d'un terme dans le fichier : grep -i « terme » < « fichier.html » | wc -l
Thème Commentaires « télécharger » « téléchargement » « DRM »
Offre légale 130 17 40 113
Licence globale 331 54 88 73
Copie privée 171 19 40 184
Droit d'auteur 172 9 39 84
Internet et l'art 210 24 72 103
Interopérabilité 88 6 10 109
Total 1102 129 290 666 heum...

mardi 28 février 2006

lestelechargements.com : 1, 2, 3, viré !

Je deteste le chat. Quelques minutes avant que ce chat avec Denis Olivennes (PDG de la Fnac) ne commence je prépare des questions, il est 17:57 quand le formulaire permettant de saisir son pseudo apparaît, je récupère mes questions et commence à les poster.

Au bout de la troisième il est alors 18h03 et apparaît ce message :
Vous ne pouvez plus poser de questions sur ce chat

Dommage, ma troisième question était :

Si le numérique s'est développé c'est grâce à l'ouverture des formats et l'existence des logiciels libres qui sont les pilliers de l'infrastructure d'Internet, aujourd'hui avec DADVSI et les DRM, l'accès à l'information numérique risque d'être verrouillée par quelques monopoles, la Fnac a toujours été partisante de la diversité, quelle est son point de vue ? Quel est le votre ?

Sur les DRM lolol arrive à faire passer une question franchement directe :

lolol : Alors vous êtes contre les DRM. Vous le direz aux députés ce soir ?

La réponse de M. Olivennes est d'une candeur désarmante :

Denis Olivennes : Je suis POUR les DRM, mais des DRM qui permettent ce qu'on appelle l'interopérabilité, c'est à dire la lecture sur tout lecteur de son choix.

Pfff c'est pas gagné...

lundi 27 février 2006

lestelechargements.com : mon cœur balance

Edit du 12/03/2006 Mon post est finalement passé, drôle de modération a priori quand le délai se compte en jours ! Dont acte mais l'éditorial (introuvable) n'a pas été amendé...

Ce billet devait s'intituler fort logiquement « lestelechargements.com : no comment » et puis par intégrité je suis obligé d'être beaucoup plus indécis et souhaite donc vous faire partager mon aventure.

J'ai été cité dans l'éditorial, comme un avis mitigé en matière de licence globale optionnelle, ce qui est juste, mais ma conclusion est quand même qu'à tout prendre c'est peut être la meilleure solution pour se sortir du cauchemar DADVSI.

Comme le thème du jour de la demi-journée était « le droit d'auteur », cela tombait bien puisque j'aurai bien voulu que dans la citation tronquée de mon post il y ait un lien vers le commentaire complet où ma conclusion reflète véritablement ce que je pense.

Ce message n'est pas passé. J'ai envoyé ce mail à l'adresse de contact :

Cher « lestelechargements.com »,

J'ai écrit le message, dont on trouve une copie sur le forum EUCD.info « Libertés numériques » hébergé chez Framasoft, vers 14h10 ; il est 16h40 et je note qu'entre le message 32 de 14h00 et le 33 de 14h17 il y a un trou de 4 messages (ID respectifs de 3444 et 3449). Selon toute évidence mon message a été poubellisé, et c'est quelque chose que je considère comme grave surtout compte tenu de sa teneur. Je recopie ici le message exact que j'ai tenté de faire passer sur votre site au sujet du droit d'auteur dans le monde numérique :

-----------------------
«

Le droit d'auteur c'est ce qui a fait dire à Victor Hugo :

« Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous »

Discours d'ouverture du Congrès littéraire international, 17 juin 1878.

Cher « lestelechargements.com », vous me citez dans l'éditorial mais mon droit moral en prend un coup dans la mesure où avez fait sauter l'emphase sur le mot « supplémentaire » et que vous occultez la conclusion à laquelle je me livre, pourriez-vous avoir la gentillesse d'amender votre éditorial en y plaçant des liens hypertextes vers les commentaires cités à savoir dans mon cas

[...] <a href='http://www.lestelechargements.com/index.php?2006/02/26/22-reagissez#c2426'>tel « fb »</a> [...]

(Cette portion de code html est bien sûr placée dans le domaine public ;-) )

C'est dommage de ne pas exploiter complètement les possibilités qu'offrent les outils modernes.
»

-------- fin du message ----------

Si j'en juge par votre charte éditoriale mon message, s'il contenait une légère boutade signalée d'ailleurs par le smiley « ;-) », ne violait en aucune manière les règles fixées. Par ailleurs, ironie du thème, je ne demandait qu'à ce que le droit d'auteur auquel je suis attaché soit appliqué conformément à la loi et à votre charte que je cite :

« Les messages faisant référence à des articles, travaux, études, œuvres devront se limiter à une citation et indiquer la source d'origine. »

De plus je vous donne la méthode pour réaliser cette correction que je pourrai appeler d'ailleurs droit de réponse appréciant peu qu'une forme technique imposée par le raisonnement philosophique à savoir :

  • oui,
  • non,
  • conclusion

Soit tronquée et réduite de son sens sans qu'un lecteur puisse facilement se forger une opinion en ayant la possibilité de lire dans son ensemble l'argumentation.

Qu'un simple « NDLR : nous ne disposons pas des ressources suffisantes pour procéder à cette modification mais nous y songerons à l'avenir » aurait été satisfaisante de mon point de vue.

Que je dispose d'un blog qui commence à être lu, que j'ai proposé deux amendements sur votre site avec comme souci d'être constructif et de participer avec un esprit civique aux débats et, que je m'efforce d'argumenter et de citer mes sources.

Qu'en l'absence d'explications de votre part, j'userai de ma liberté d'expression sur mon blog qui lui est modéré a posteriori et même déclaré à la CNIL sous le n°806676.

François Battail

--

http://francois.battail.free.fr/dotclear/

Paradoxalement un message dans lequel j'ai explicitement indiqué mon souhait de ne pas être publié est passé :

[...] Note à la modération : s'il vous plaît ne me jetez pas ! Je suis hors sujet soit. Je ne demande pas à être publié, je ne souhaite pas attiser le feu et que de nombreux commentaires fusent sur la personne de M. Goldman.
Simplement s'il passe dans le coin donnez lui ce message. Merci.

Comme je n'ai pas reçu de message de la part de lestelechargements.com, je déplace le débat sur mon blog où les commentaires sont chaleureusement les bienvenues mais c'est facile je n'ai pas un trafic aussi important ;-)

dimanche 26 février 2006

Lestelechargements.com plutôt lesdrms.com

Le site de propagande désinformation « dialogue » du ministère a mal choisi son nom eu égard au thème au centre de la préoccupation des internautes :

Thème Commentaires « télécharger » « téléchargement » « DRM »
Offre légale 130 17 40 113
Licence globale 307 47 79 60
Copie privée 132 12 29 113

Fichiers sauvegardés le 26 février 2006 vers 8h30 à partir du site lestelechargements.com, encodage UTF-8, recherche des occurences selon la technique suivante à partir d'une console Linux configurée en UTF-8 (pour les accents) :
grep -i « terme » < « fichier » | wc -l

Edit 18:15 les commentaires sur lestelechargements.com sont fermés voici des chiffres réactualisés selon la même méthode :

Edit du 28/02 16h30 Ajout du thème « droit d'auteur » je suis surpris qu'on y parle autant de DRM :

Edit du 01/03 22h00 Ajout du thème « Internet et l'art »

Thème Commentaires « télécharger » « téléchargement » « DRM »
Offre légale 130 17 40 113
Licence globale 331 54 88 73
Copie privée 171 19 40 184
Droit d'auteur 172 9 39 84
Internet et l'art 90 8 24 46

894 messages 500 traces ;-) de DRM.

vendredi 24 février 2006

Lestelechargement.com : petit bilan sans prétention

Bon c'est toujours un exercice difficile, mais je m'y risque, je ne prétend pas être objectif, mais il y a des éléments intéressants tout de même.

Les débuts ont été catastrophiques c'était prévisible vouloir appliquer une stratégie marketing type télé (push) sur un blog qui est plutôt dans l'esprit du pull ça ne passe simplement pas.

C'est aussi mettre les personnes ayant été podcasté dans une situation peu agréable, en pâture dirais-je. Est-ce que toutes ces personnes podcasté ont lu le projet de texte 1206 et ses 253 amendements ? Probablement pas. Qu'elles soient concernées, nul doute mais le média n'était pas le bon, du coup les commentaires deviennent assez violents et comme il n'y a personne en face, forcémement ça s'amplifie.

Le site est fermé pendant toute la matinée, puis apparaît la promesse d'un nouvel espace et d'une nouvelle méthode de dialogue. Il est vrai qu'un blog est un outil adapté à une interaction avec un petit cercle, mais là un forum serait beaucoup plus adapté et confortable. Toutefois, on peut imaginer qu'à ce stade mettre un forum pose un vrai problème de logistique pour la modération, le temps de l'adapter à la charte graphique, de tester, etc. Donc ça reste sur un blog avec un billet sur un thème donné.

Les thèmes sont un peu orienté « D'après vous, la licence globale est-elle une solution viable » il manque le mot « optionnelle » ce qui fait une différence, quant à « Qu'attendez-vous de l'offre légale ? » il eu été judicieux de préciser « payante » vu que de la musique libre (et gratuite) existe.

Sur le premier thème je crois qu'une majorité semble indiquer que oui semble penser qu'en l'état c'est la solution la moins pire, avec des réserves toutefois pour certains, peu certains y sont farouchement opposés et tout le monde semble tomber d'accord sur le fait qu'il faille rémunérer les artistes (et si possible mieux qu'aujourd'hui).

Sur le deuxième thème (pour lequel j'ai eu la chance d'ouvrir le bal) j'ai, je crois avoir exprimé une chose simple : avoir la possibilité d'acheter la musique que j'aime, au format qui me convient et sans être emmerdé (je suis sous Linux). J'ai suivi avec intérêt les commentaires sur ce deuxième thème, et là il est difficile d'avoir un doute.

Non aux DRM

Sauvegarde du fichier des commentaires puis :

grep -i drm < offre-legale.html | wc -l

Résultat 113 occurences du mot DRM pour 130 commentaires, oh bien sûr il y a STOPDRMKILLER qui l'a casé 12 fois, d'autre plus d'une fois et d'autres pas du tout ; mais pour des personnes « désinformées » il faut avouer que les DRM - qui sont au cœur de la directive européenne - ne plaisent guère aux internautes ; si on ne prend pas en compte STOPDRMKILLER avec son discours un peu excessif et peu crédible « vive les DRM, c'est bon mangez-en », je crois (mais je peux me tromper) qu'une seule personne disait que tant que ce n'était pas plus contraignant que le système utilisé par Apple avec iTune c'était acceptable.

Il faut rappeller que le nom du site est « lestelechargements.com », que le thème était « l'offre légale », que le cœur de la directive concerne la protection juridique des mesures techniques de protection et que le public, du moins les internautes ne s'y sont pas trompé malgré l'approche ministérielle qui tend quand même à essayer d'éluder un peu la chose. Par comparaison le mot téléchargement n'apparaît que 40 fois !

La représentativité

Je traîne pas mal sur quelques forums comme Libertés numériques sur Framasoft (en fait le forum EUCD.info), Odebi, ... donc certains pseudos me sont familliers. Il n'y avait pas que EUCD.info et Odebi à commenter et c'est là aussi une très bonne chose, en un sens l'objectif est atteint, il y a eu peu de discours « je veux pouvoir continuer à télécharger des œuvres non libres sans payer » et ça aide à rendre crédible l'expression d'idées et d'opinions sur Internet qui n'est pas une zone de non droit mais un espace de libertés.

Pour finir

J'ai posté quatre commentaires ils ont tous été accepté, j'ai vu passer des commentaires assez vachards, bourrés de fautes au point d'être difficilement lisibles (je sais je ne suis pas parfait non plus), certains sont passé, d'autres pas. Essayez d'arrondir un peu les angles, pas pour vous censurer mais pour éviter d'être blessant inutilement. J'ai [enfin] pu faire passer les citations des députés Lasbordes et Carayon, citer Maître Eolas qui balance mine de rien un gros pavé dans la mare.

Bon maintenant j'attend avec impatience le thème « DRM » et le thème « interopérabilité ».

edit :révision de l'appréciation après relecture des posts sur la licence globale optionnelle

edit :stat sur le mot téléchargement pour constraste

Lestelechargements.com : un site dynamique et évolutif

Après une manipulation visant à faire passer en page deux les propos (et les commentaires afférents) de Marc Lavoine, après la suppression des liens vers les sites web des auteurs qui en disposent et qui souhaitent en faire part lorsqu'il postent des commentaires (pratique coutumière des blogs), après avoir joué à cache cache en supprimant des centaines de commentaires et deux pages puis revenant en arrière parce que c'est pas très politiquement correct tout ça, changé d'éditorial de façon convulsive les créatifs ont enfin trouvé l'idée : le monoblog.

Un nouveau concept de débat : vous enregistrez une vidéo (pas terrible) en Flash et vous diffusez ce podcast en fermant les commentaires ; notons que ce format est très sympa pour ceux qui sont avec des modems 56k. Bref comme à la télé avec une émission pré-enregistrée où un ministre maîtrisant son sujet laisse passer les propos d'un avocat spécialiste [sic] des nouvelles technologies stipulant que « C'est vrai que l'outil qu'est le logiciel de peer to peer, ce que l'on a appelé les logiciels libres, est un outil qui peut permettre de faire de la copie sur une grande échelle et qui ensuite est susceptible d'être revendue dans des qualités ou en tout cas avec des niveaux de qualité qui sont tout à fait ceux des standards du disque ».

Après ces improvisations en communication, voici des chiffres factuels, ceux d'un site de débat, non soumis à la censure, ouvert [insérez ici votre langage de com].

  • Stéphane Laïck : 34 commentaires
  • Guillaume Champeau : 235 commentaires
  • Jean-Jacques Annaud : 173 commentaires
  • Malik et Wallen : 149 commentaires
  • Marc Lavoine : 539 commentaires

Beau succès pour un site qui vient d'être lancé ! 1130 messages le dernier daté du 23 février à 18:56 et portant l'ID 1782.

En regardant un peu le code source de Dotclear (c'est quand même pratique le logiciel libre) on s'aperçoit que les commentaires sont stockés dans une table à part et que l'ID s'incrémente automatiquement, autrement dit jusqu'à hier 18:56 au moins 652 messages ont été passé à la poubelle soit 36%. Je veux bien admettre que dans le tas certains ne devaient pas respecter la charte mais 36% c'est quand même considérable. Au final dans les messages qui ont passé la modération plus de 90% sont hostiles au projet de loi DADVSI version 2...

La suite au prochain épisode.

update 15h28 : 6 commentaires en plus, dernier ID de commentaire attribué : 2415, le taux de rejet des messages est maintenant de 53%

update 18h30 : 190 commentaires en plus, dernier ID de commentaire attribué : 2771, le taux de rejet des messages est toujours globalement de 53% mais comme le site a visiblement été fermé pendant toute la matinée ce ne serait pas très juste ; donc dans la nouvelle forme depuis 14h30 le taux de filtrage est actuellement de 54% (premier message ID de cette période de 2409, dernier de 2771 et 196 messages.

update 19h50 : Soyons juste jusqu'au bout, je ne considère plus que la période à compter d'aujourd'hui 14h30, le premier message à l'ID 2409 le dernier 2836 et il a à cette heure 371 messages ce qui fait un taux de filtrage de 13% mes quatre messages sont effectivement passé. l'AFP donne les chiffres de 20000 connexions par jour ce qui est considérable et un membre du cabinet du gouvernement indique à l'AFP « Nous avons eu en deux jours 40.000 connexions sur ce qui est le premier site véritablement pluraliste sur le téléchargement : il y a autant voire plus d'arguments contre que pour le projet de loi qui se sont exprimés » hum, là je suis moins d'accord les participants ont clairement dit non aux DRM.

Lestelechargements.com un nouveau concept : le monoblog

Aucun commentaire, les commentaires sont fermés, site de débat ?

Lestelechargements.com - attention date de péremption

Un avis de Marc Lavoine, plus de 500 commentaires autorisés par la « modération » [cf. mon post précédent], et pfff plus rien. Bravo pour le « débat ». Et comme c'est très hype la culture, un seul mot : plonk[1] !

[1] Terminologie Usenet : c'est le bruit caractéristique d'une adresse qui se retrouve dans le killfile c'est-à-dire le fichier des indésirables ; par analogie c'est aussi le bruit d'un bulletin de vote qui tombe.

jeudi 23 février 2006

J'ai testé pour vous lestelechargements.com !

Petit historique :

La modération a priori, bon après tout pourquoi pas bien qu'en extension .com c'est un site de communication ministérielle, mais un délai minimal de 30 minutes laisse présumer qu'il y a un circuit de validation impressionnant. La liberté d'expression semble être réelle mais j'y reviendrai. En regardant le site d'un peu plus près ça ressemble à du Dotclear dont le template aurait été massacré par un webmaster qui ne jure que par Flash, la mise en page par tables et les liens réalisés en javascript, côté accessibilité c'est toujours pas franchement ça.

Olivier le créateur de Dotclear confirme la chose et Tristan balance un billet mérité en enfonçant le clou. Quelques heures plus tard la mention « propulsé par Dotclear » apparaît sur le site, bravo messieurs pour votre réactivité mais c'est le genre de choses auxquelles il faut penser avant, le droit d'auteur voyez vous c'est sacré, et bien que le logiciel soit un cas un peu particulier le droit moral s'applique aux créations même quand c'est du code.

La modération se dégrade avec des délais de plus en plus long, il est vrai que la forme choisie : un blog n'est peut être pas la forme la plus adaptée ; surtout quand chaque sujet lancé est un troll en puissance, il est vrai qu'en ce domaine Marc Lavoine a fait assez fort d'entrée de jeu. D'ailleurs pourquoi n'avoir pas utilisé la première vidéo de Guillaume Champeau où il est beaucoup plus percutant et soulève un point très intéressant ? Il est vrai que contrairement aux autres vidéos transférées sur le serveur le 16 février, la première vidéo l'a été le 21 février et la seconde le 22 février à 16h58, soit à une heure de l'ouverture officielle du site ! Qui a dit bouchage de trou pour « rééquilibrer » le « débat » ?

Enfin et là je ne rigole plus, sur mes trois messages un a été censuré par la modération, je ne dispose plus du contenu exact mais je crois savoir quel point n'a pas du être apprécié, en voici un résumé sommaire :

  • je répond à un message qui explique que techniquement c'est facile de filtrer du contenu multimédia sur l'extension de fichier (!) en lui expliquant qu'avec un tunnel SSH on fait ce que l'on veut
  • j'explique que le texte s'attaque à des domaines très complexes car l'enjeu est beaucoup plus général que la musique et le cinéma puisqu'il s'agit de d'établir les règles de circulation des informations numériques et des usages qui en découlent
  • que le débat est nécessaire et qu'en fin de compte ce n'était que ce que la pétition EUCD.info voulait [première cause possible de censure]
  • une couche sur le vrai visage des DRM en citant en particuliers les rapports des députés Lasbordes et Carayon et en parlant d'atteinte possible à la souveraineté de l'état ainsi que de risques pour l'économie nationale [je n'ose pas imaginer que ces propos puissent être la cause de censure, ces rapports sont publiques et je ne dénature pas les conclusions des auteurs]
  • enfin, toujours en signalant la complexité du sujet d'inviter les gens à se renseigner tout en regrettant que le texte de loi en question ne soit pas encore accessible au public sur les serveurs de l'Assemblée Nationale [je crains fort que ce soit ce point là qui ait déplu à la « modération »]
  • Et pour terminer que la forme du média choisi n'était pas très propice à un véritable échange et était plutôt unilatéral [il y a eu des critiques bien plus virulentes]

Voilà pour le moment mes aventures sur lestelechargements.com.

mercredi 22 février 2006

Lestelechargements.com

Dans quelques minutes devrait ouvrir le site, réalisé par Publicis pour la modique somme de 180000 €, commandité par le ministre de la culture.

Quelques informations filtrent sur ce que l'on devrait y trouver mais il y a déjà des éléments intéressants dans les informations données officiellement.

Tout d'abord on peut s'interroger sur la forme un domaine .com alors qu'un .net ou encore mieux un .gouv.fr aurait été plus en phase avec l'intention affichée, du coup on trouve lestelechargements.net et lestelechargements.info qui ne manquent pas de contenu (le dernier cité contient un rapport de la CNIL qui est pour le moins argumenté et tout à fait intéressant). Avec un site à ce prix là, ne pas investir 45€ pour quelques domaines supplémentaires c'est une grosse erreur de communication !

Le nom du site me semble aussi complètement hors propos par rapport au projet de loi qui « vise à protéger juridiquement les mesures techniques de protection (DRM et dispositifs « anti-copie ») qui sont supposées protéger le droit d'auteur ».

La page d'accueil - faisant office de teasing pour le moment - est un avant (mauvais) goût de ce qui reste à venir :

  • non respect de la loi LCEN (oui, les ministres ont l'obligation de respecter la loi),
  • la loi DADVSI incorporerait - soi disant - des mesures favorables au personnes handicapées, il y a en revanche une loi 2005-102 qui par son article 47 dispose « Les services de communication publique en ligne des services de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées. [...] », le site lestelechargements.com échoue au test de conformité le plus léger, c'est-à-dire le W3C/WCAG/WAI niveau 1

Enfin le meilleur pour la fin : lestelechargements.com sera un site internet qui innove car ouvert de 9h à 1h du matin. Il est bien connu qu'Internet coupe pendant la nuit de façon à pouvoir réaliser des travaux de maintenance !

En soi l'idée, surtout compte tenu du sujet, n'est pas mauvaise mais j'ai bien peur que même des spécialistes de la communication, comme le ministre et Publicis, ne réalisent à quel point s'aventurer sur Internet sans trop en connaître les usages et en croyant la chose acquise d'avance est risqué...

jeudi 8 décembre 2005

La loi DADVSI où l'incroyable montage technico-juridique

Le projet de loi DADVSI (Droit d'Auteur et Droits Voisins dans la Société d'Information) est particulièrement inquiétant par son fond et la « qualité » de sa rédaction.

Pour ceux qui n'en connaisse pas la teneur une partie de ce texte imposerait à tous les logiciels d'incorporer des mesures techniques de protection (DRM) et de flicage traçage. Comme les DRM « fonctionnent » grâce à l'obscurantisme, un logiciel utilisant un DRM ne pourrait pas dévoiler son code source. Et le texte est d'une telle précision que n'importe quel logiciel qui en gros manipule un fichier serait susceptible d'être concerné, du moins il y a suffisamment d'imprécision pour tenter un procès. Un logiciel comme VideoLAN qui permet la lecture des DVD est sans conteste directement dans le collimateur. Ah et puis la copie à titre privée vous pouvez l'oublier, enfin je vous rassure vous continuerez à payer la taxe Sacem sur les périphériques de stockage. Bref ce n'est pas très réjouissant.

Mais le pire c'est le fond : le législateur qui visiblement ne comprend rien à la technique, on pouvait s'en douter, mais surtout qui ne voit pas à quel point son montage juridique est bancal voire délirant, ce que je vais démontrer, mais tout d'abord il faut que j'explique un petit peu les DRM.

DRM : la grande illusion

Ce dispositif peut être autonome ou bien dépendre d'un serveur tiers. Il associe des méta-données au fichier numérique de façon à déterminer les actions autorisées, par exemple un compteur du nombre de lecture, une date limite de péremption artificielle, etc. Parallèlement à cela les données numériques sont cryptées et seul le DRM fournit la possibilité de décoder le contenu.

L'idée est que pour accéder au contenu « en clair » il faille vérifier d'abord les autorisations puis qu'après vérification que le gentil DRM veuille bien procèder au déchiffrage des données. Cette autorisation peut éventuellement être demandée à serveur tiers (et collecter des données par la même occasion).

À première approche cela semble presque un mécanisme sérieux. Non ? Non !

La règle première en matière de sécurité est que c'est le maillon le plus faible de la chaîne qui constitue le niveau global de sécurité. Or si l'on regarde la chaîne qui va du producteur au consommateur on se rend compte qu'il y a une faille majeure. L'objectif du producteur est de vendre son contenu, l'intérêt du consommateur est de pouvoir lire le contenu, faute de quoi le producteur risque d'être dans une situation fâcheuse. Donc si le consommateur peut accéder au contenu en clair, il lui sera possible de le copier sous cette forme. Contenu en clair, vous êtes le maillon faible ! Obtenir ce contenu en clair ne sera pas forcément facile mais cela sera possible.

Faisant fi d'évidence comme celle-ci, les auteurs de DADVSI utilement conseillés par des « experts » de Vivendi Universal, la Sacem et le BSA (les experts de Sony BMG devaient avoir un empêchement ;-) ) décidèrent de corriger ce petit problème technique à leur façon.

Une leçon de droit

Il y a quelques grands principes sur lesquels on s'appuie normalement lorsque l'on légifère. Comme par exemple : « Chacun est présumé être innocent » ou l'article 27 de la Déclaration universelle des droits de l'homme

Pour résoudre leur « problème technique » les auteurs de DADVSI préfèrent supposer que tout le monde est coupable par défaut d'une part et réaliser un montage pour le moins scabreux.

Si j'écris : « les voitures constituent un danger potentiel » c'est une phrase difficilement contestable, de même que « l'énergie cinétique varie selon le carré de la vitesse », « en cas de choc, la vitesse est un facteur aggravant dans la mesure où l'energie dégagée sera plus importante » donc il serait raisonnable de mettre en place une mesure technique dans les voitures visant à brider de façon inviolable la vitesse à 130 km/h.

Si le raisonnement est difficilement attaquable et si une telle mesure n'a pas été prise c'est qu'elle remettait explicitement ce droit à être présumé innocent, c'est l'utilisation de la voiture qui est en cause, pas la voiture en elle même ; aussi ce sont des mesures pénales contraignantes visant à punir des coupables qui ont été mises en place.

Donc nous sommes coupables et en plus les « mesures techniques de protection » sont euh... nulles (note : ce billet a été créé et publié le 8 décembre 2005, le droit français ne m'interdit pas encore d'écrire de tels propos) c'est trop tentant...

Aussi pour « consolider » une mesure technique défaillante qui vise à protéger le droit d'auteur on va utiliser une mesure juridique. Oui vous avez bien lu, dans l'ordre cela donne : une mesure juridique qui protège une mesure technique censée protéger le droit et de plus en violant le droit des auteur de logiciel en leur interdisant de créer certains types de programme ! Et cette mesure juridique est très simple : circulez il n'y a rien à voir sinon il vous en coûtera 3 ans de prison et 300000 € d'amende en tant que contrefacteur. Vous devez mieux comprendre ma note du paragraphe précédent dans ce contexte. La consultation d'un DVD légalement acheté sous Linux fait de vous un criminel.

Il y a d'autres éléments dans ce projet de loi DADVSI qui semblent particulièrement graves comme le problème de la diversité culturelle, l'archivage des œuvres, la nature même de la mission des bibliothèques publiques, les difficultés que cela va occasionner dans le monde de la recherche qui ne bénéficie pas d'exception, ...

Peut être qu'après avoir lu ce texte vous aurez envie de vous renseigner un petit peu plus et peut être agir. Cette loi devrait être un « cadeau de Noël », « discutée » selon la procédure d'urgence le 20 et 21 décembre et le vote interviendra le 23 décembre.

Edit : Quelques éléments supplémentaires : la gesticulation justification réflexion du 7 décembre de la CSPLA histoire d'intégrer de nouveaux amendements encore plus restrictifs. Et un livre blanc sur le P2P co-signé par l'AFUL, l'APP, musique-libre.org, la SPEDIDAM et l'UFC Que Choisir ; ce livre blanc est vraiment remarquable, pose les vrais problèmes et propose des solutions. Lecture recommandée.

Depuis le 1/1/2005...

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