Dans quelques minutes devrait ouvrir le site, réalisé par Publicis pour la modique somme de 180000 €, commandité par le ministre de la culture.

Quelques informations filtrent sur ce que l'on devrait y trouver mais il y a déjà des éléments intéressants dans les informations données officiellement.

Tout d'abord on peut s'interroger sur la forme un domaine .com alors qu'un .net ou encore mieux un .gouv.fr aurait été plus en phase avec l'intention affichée, du coup on trouve lestelechargements.net et lestelechargements.info qui ne manquent pas de contenu (le dernier cité contient un rapport de la CNIL qui est pour le moins argumenté et tout à fait intéressant). Avec un site à ce prix là, ne pas investir 45€ pour quelques domaines supplémentaires c'est une grosse erreur de communication !

Le nom du site me semble aussi complètement hors propos par rapport au projet de loi qui « vise à protéger juridiquement les mesures techniques de protection (DRM et dispositifs « anti-copie ») qui sont supposées protéger le droit d'auteur ».

La page d'accueil - faisant office de teasing pour le moment - est un avant (mauvais) goût de ce qui reste à venir :

  • non respect de la loi LCEN (oui, les ministres ont l'obligation de respecter la loi),
  • la loi DADVSI incorporerait - soi disant - des mesures favorables au personnes handicapées, il y a en revanche une loi 2005-102 qui par son article 47 dispose « Les services de communication publique en ligne des services de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées. [...] », le site lestelechargements.com échoue au test de conformité le plus léger, c'est-à-dire le W3C/WCAG/WAI niveau 1

Enfin le meilleur pour la fin : lestelechargements.com sera un site internet qui innove car ouvert de 9h à 1h du matin. Il est bien connu qu'Internet coupe pendant la nuit de façon à pouvoir réaliser des travaux de maintenance !

En soi l'idée, surtout compte tenu du sujet, n'est pas mauvaise mais j'ai bien peur que même des spécialistes de la communication, comme le ministre et Publicis, ne réalisent à quel point s'aventurer sur Internet sans trop en connaître les usages et en croyant la chose acquise d'avance est risqué...